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Le mot du Président




Mercredi 17 juin

Face à la crise actuelle, les réformes sont plus que jamais nécessaires




Il y a presque un an, la Commission pour la Libération de la Croissance Française remettait son rapport au président de la République et au Premier ministre. Le gouvernement y a trouvé 316 propositions de mesures, qui prises rapidement et collectivement devaient amener à la France un point de croissance supplémentaire.

Beaucoup d’entre elles ont été très vite reprises : je pense par exemple au plan pour les pôles universitaires, à la réduction des délais de paiement pour les PME, au plan numérique pour le Très Haut Débit, à l’investissement sur les énergies renouvelables, à la refonte de la représentativité syndicale, à la rupture à l’amiable du contrat de travail, à l’assouplissement des règles encadrant l’emploi des seniors, à l’ouverture aux jeunes et à la diversité, à la réforme de la formation professionnelle, à l’Autorité de concurrence unique et renforcée, à la réforme de l’urbanisme commercial, à la refonte de la carte hospitalière, à l’effort de réflexion sur les structures territoriales, à la mise en place du fond souverain…

Cependant, une crise majeure est née entretemps aux Etats-Unis. Elle s’est depuis propagée à l’ensemble des grandes économies mondiales. A l’heure de la récession, certains se demanderont donc légitimement si le rapport est toujours d'actualité... Il l'est plus que jamais en vérité. La crise n’a pas été une totale surprise, et nous avions explicitement prévu ce scénario.

La position de la Commission est la suivante : la crise ne doit pas servir d’alibi à un nouveau report des réformes nécessaires pour la France. C’est même le contraire : dans la mesure où une récession oblige à beaucoup de pragmatisme de la part de tous, des consensus plus larges deviennent possibles. Le rythme des réformes doit donc être accéléré, de sorte qu’au moment de la sortie de crise notre pays dispose des structures adéquates pour retrouver rapidement le chemin de la croissance. Lent à entrer dans la crise, nous ne voudrions pas que le pays soit lent à en sortir.

A cet égard, nous réitérons quelques propositions essentielles du rapport, dont la concrétisation est devenue plus urgente encore dans la conjoncture actuelle :

1. Il est nécessaire d’investir lourdement dans les secteurs porteurs (décisions 46 à 114). Un Ministre de la Relance a été nommé début janvier et nous espérons qu’il permettra une mise en œuvre accélérée de cet effort.

2. La hausse du chômage impose d’installer rapidement le « contrat d’évolution » appelé de nos vœux (décisions 131 et 142). Ce contrat mettrait en place des séances de formation garanties, un accompagnement renforcé et une rémunération pour le demandeur d’emploi, en échange de quoi celui-ci s’engagerait sur un temps minimal de recherche par semaine.

3. La crise, enfin, ne doit pas faire oublier le besoin de poursuivre la réforme de l’Etat (décisions 224 à 316). Les administrations doivent pouvoir offrir un meilleur service au citoyen tout en dépensant moins. Les possibilités d’amélioration sont nombreuses : elles vont de l’e-administration à la réforme des structures territoriales, en passant par la gouvernance.

La crise actuelle, par son ampleur, a ceci de dangereux qu’elle peut facilement intimider, au point de paralyser. A nous donc de trouver l’énergie pour faire de cette épreuve une opportunité pour l’avenir.


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Suivi de la mise en oeuvre

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